Cette guérilla semblait être les prémices de mai 1968 ! Je n’ai pas participé à cette révolte : j’étais bien trop jeune mais j’en ai beaucoup souffert. Heureuse de n’avoir pas cours (les lycées étaient assiégés), je profitais du grand large avec mes potes. Nous enfourchions nos vélos direction « la plage bleue » de Valenton. C’était un endroit tout bleu. Reconstitution du bord de mer en pleine banlieue..cabines sur la plage, pédalos, sable fin…manquait juste le climat. Nous passions donc nos journées à draguer, boire un coup et se baigner dans cette eau…un peu froide. Pendant ce temps, C..... militait. Elle campait dans la fac de Jussieu où le recteur avait été prit en otage. A Paris, le quartier latin était en feu et en sang..A maisons Alfort : la vie coulait douce. Nous avions un nouveau membre dans la bande et je commençais à avoir des vues sur lui au grand désarroi de D..... Je n’ai pas eu le temps d’être infidèle : XX (j’étais tellement amoureuse que j’ai également oublié son nom !) a été victime d’un accident mortel. Un mur s’est éboulé sur lui alors qu’il le longeait en vélo. Je fus très choquée : 3 jours d’alitement, pas moyen de dormir..les nerfs à vif. Maman s ‘inquiétait beaucoup pour moi et me veillait.
Je réussit à surmonter ce nouveau drame en étudiant mes gammes sur le piano droit que maman louait. Période plutôt austère et pleine de contradictions. La musique adoucit les mœurs malgré ce gendarme de métronome guettant sans pitié le moindre écart de tempo. La musique : j’aimais mais le flicage me déplaisait beaucoup. Alors je tentais de le bluser ce vigile ! mission impossible : je dus me plier aux règles…tout ceci n’est pas vraiment dans ma mentalité. Encore une fois, je reconnaissais les bienfaits de cet apprentissage mais en refusait la structure. C’est comme la religion : je suis persuadée qu’une force extra ordinaire gère nos vies mais je déteste ce que l’on veut nous faire croire. Tout ce bourrage de crâne ne sert qu’à la puissance du clergé.
Le piano m’apporta beaucoup de bonheur. J’étais seule avec mon instrument et cela me convient. Je n’avais pas d’autre choix que d’accepter de prendre des cours et je me pliais au jeu. J’y consacrais 2 années de ma vie…avec tant d’intensité que mon prof m’inscrit vite pour passer le concours du conservatoire. Là, je me suis sauvée ! manque de courage autant que refus de la société : je ne supporte pas de rentrer dans le moule et rejetais avec force cette nouvelle orientation que l’on décidait à ma place. J’ai eu la même attitude – quelques années plus tard – au sujet du baccalauréat.
...........19ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie.......................
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................ C'est mon
fils !



Nouveau héros du noir et blanc, Thierry la Fronde m’impressionnait beaucoup à manipuler cette lanière de cuir. Rangés en rang d’oignons (stratégie digne de l’armée américaine sudistes contre nordistes issue de la bande dessinée Lucky Lucke), chaque populace tenait son siège : seul un large fossé nous séparait. Au moyen âge, nous aurions catapulté des boulets ou encore versé de l’huile bouillante du haut des remparts. A Maisons Alfort, romano contre enfants inconscients que nous étions, s’affrontaient à coup de lance pierre. J’avais confectionné de belles frondes à l’aide de roseaux et ficelles. L’attaque fût imminente et dura plusieurs semaines. Les romano n’aimant pas la défaite, usaient de pierres de plus en plus lourdes et X fut blessé à la tête. Courageuse mais pas téméraire, je décidai de battre retraite et rendis les armes tel Jules César devant Astérix le gaulois. 
Les chambres de V....., E...... et C....... étaient joliment décorés de scènes issues du dessin animé « Jumbo l’éléphant » de Wal Disney (œuvre de papa bien évidemment). V.... était très personnelle et avide de trouver des souffre douleur. Le pigeon dans l’histoire s’appelait E...... Papa leur avait construit un immense bureau de la longueur du mur sous la fenêtre. V..... avait démarqué son territoire par une bande de scotch jaune et gare à celui qui dépasserait seulement d’un petit doigt !..elle frappait. Idem pour les tiroirs sur lesquels elle collait un cheveu de haut en bas et vérifiait régulièrement qu’il ne fut pas sectionné : signe que l’on avait ou non, fouillé dans ses affaires. Elle était très sportive et se prédestinait à une carrière d’athlète, mais la vie en a décidé autrement. Son passe temps favori était de nous pincer. Nous fuyions ses jeux tant ils étaient douloureux mais elle parvenait toujours à en choper une…au hasard : E.... ! 







