Nous passâmes la soirée tranquilles, à discuter jusqu’à trois heures du matin. En fait, la maison n’avait pas été forcée. Un camion avait juste enfoncé le
grillage à l’avant ainsi que le compteur électrique mais pas de dégâts ni d’intrus. Je préfèrais cela. Au moins, l’inquiétude retombait. C’était à croire que cette histoire était écrite pour que
nous puissions nous retrouver seuls à Merlimont. Le scénario était bien monté et nous n’aurions jamais pensé l’imaginer. Coup de grâce ? cadeau divin ? belle embellie quoiqu’il en soit.
Nous nous couchâmes, histoire de dormir un peu car il fallait que je dégage vers dix heures du matin. L’amour était là, toujours puissant. Nos ébats nous emmenèrent loin dans la nuit.
J’aimais et j’aime toujours cette maison. Elle a un caché qui semble se taire. Elle a été entièrement conçue par le père de Fr….. , décédé à ce jour et je sentais sa présence. Il était là, encadré sur la cheminée du vaste salon et honoré par une rose du jardin que Fr….. prennait soin d’entretenir, comme pour bénir notre union. Je lui faisais des clins d’œil.
Au petit matin, nous ouvrimes un œil, puis deux. Je le caressais, il me caressa et roule ma poule ! notre amour était si fort que les anges nous protégeaient ! nous étions repartis pour le septième ciel. FR….. m’avoua connaître avec moi des sensations auxquelles il n’avait jamais pu accéder jusque là. Ce n’était pas la première fois que je lui faisais vivre des choses nouvelles et intenses. Je le faisais inconsciemment et touchais à chaque fois sa sensibilité. Il m’aimait de plus en plus fort. Nous nous levâmes et il me prépara un petit déjeuner royal sur la terrasse. Il alla jusqu’à m’acheter mon ricoré alors qu’il avait si peu dormi et que le magasin n’ouvrait qu’à 9h ! Je l’adorais pour toutes ces petites attentions. Entre le chant du coq et le canard que nous pensions à canarder tant il caquetait http://fr.wikipedia.org/wiki/Canards avec insistance, nous nous délectâmes du doux chant des oiseaux, tartinant nos croissants et profitant des douceurs de notre ami le soleil.
Le ricoré est le seul breuvage que j’arrive à avaler le matin depuis que j’ai été empoisonnée au café dans un centre de vacances à Six fours http://www.six-fours-les-plages.com/res1024/pages_asp/office.asp?famille=meteo dans le var. La machine a café, d’une taille colossale, avait été détartrée et non rincée et qui c’est y qui arriva la gueule enfarinée pour boire son jus ??
Je trouvais que le café était plutôt fort et amer mais je le bus quand même….. tout du moins deux ou trois gorgées car, et c’était fort de café, le goût était insupportable.
En sortant du restaurant, je fis un malaise. Je me trainais tant bien que mal jusque dans ma chambre et heureusement, mes enfants étaient là. Je mis mon étourdissement sur le compte du café trop fort. J’ingurgitais alors des litres et des litres d’eau pour évacuer mais je me sentais de plus en plus « à l’article de la mort ». Je n’avais évidemment pas assez d’argent sur moi pour payer un docteur. J’envoyais mon fils prévenir le directeur du centre de vacances, qui ne fit rien. NON ! Rien de rien.
J’étais étendue sur mon lit. J’avais ce que je peux appeler « les nerfs à vifs ». Croyez moi : il faut l’avoir vécu pour comprendre le véritable sens de cette expression. Je sentais chaque terminaison nerveuse de mon corps, comme si elle ressortaient de ma chair et c’était aussi douloureux que d’être percée de toutes parts par des milliers d’aiguilles les plus acérées possible.
Nous sommes truffés de terminaisons nerveuses http://fr.wikipedia.org/wiki/Terminaison_nerveuse_libre . Mes enfants étaient petits et faisaient de leur mieux pour me soigner. J’avais compris qu’il s’agissait d’un empoisonnement et avais la certitude qu’en éliminant, je guérirais. J’avais toujours ouï dire qu’il fallait boire du lait dans ces cas là. J’ai une sainte horreur du lait mais je fis un effort bienfaiteur. Mes enfants me portaient des plateaux repas car je ne pouvais même pas me lever. Le premier jour, je ne pus rien avaler. A force de me gonfler le bidon d’eaux minérales, le mal sortait de mon corps et je commençais à reprendre un peu de forces.
Lorsqu’on a les nerfs à vif, on ne dort pas ! Je ne suis jamais restée éveillée aussi longtemps.
Au quatrième jour, je pus me lever. Je me suis rendue, anxieuse, au repas du midi avec les enfants et Oh ! surprise……… Chaque table était équipée du même médicament. J’interrogeais mes voisins qui m’apprirent que bon nombre de vacanciers avaient été, eux aussi, victimes de cette intoxication, à plus ou moins forte dose, selon les gens.
Nous nous rendîmes unaniment, persuadés que l’union fait la force, dans le bureau du directeur. Il n’a jamais voulu reconnaître que l’erreur était de son fait.
Ma première semaine de vacances avait été gâchée. Sans avoir eu à bouger, je revenais de loin……..quel voyage dans les méandres de la fibre nerveuse !
Le comble du comble est que, depuis ce jour, j’ai été sevrée définitivement du café. Vingt ans après, je ne peux toujours plus boire une seule goutte de café, ni même le respirer ! Cependant, dès que mon état reprit le dessus, j’avais des manques de cafeïne. J’avais besoin de café mais tournais de l’œil à sa simple vue. J’ai pallié à ce désespoir en buvant ce fameux Ricoré : soixante pourcent de café et quarante pourcent de chicorée…….. que j’agrémente d’une bonne dose de lait concentré sucré.
Dans les restaurants et cafés, le ricoré n’est pas dans les mœurs, alors, je promène mon petit bocal dans mon sac ! On me traite de grand mère lorsque je bois du ricoré mais je n’en n’ai cure car c’est effectivement une bonne cure qui me convient.
......202ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie................
ajouter un commentaire commentaires (4) créer un trackback recommander





................ C'est mon
fils !



Nous allions de rebondissements en rebondissements. Nous nous
retrouvions de plus en plus dans notre antre secrète. C’était notre repaire, notre nid. Telles deux bêtes sauvages, nous prenions du bon temps à l’abri de tout regard, bien dans notre monde qui
n’appartenait qu’à nous seuls. « Tu fumes après l’amour ? » « Sais pas, j’ai pas regardé ! »…..… dès fois que des signaux indiens s’échappent au dessus de nos
têtes ! J’appréciais ces moments de détente : la cigarette qui vient annoncer le repos du guerrier. Ma tête doucement posée sur son épaule, j’écoutais vibrer notre bonheur.








