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  • : L'Univers d'Arielle
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J’ai vécu tous mes instants avec passion. 
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A mon sang si délicatement canalisé par le fruit d’un amour….  à mes parents. 

A mon sang si généreusement reconduit dans leurs veines…...  à mes enfants. 

A mon sang qui trop souvent n’a fait qu’un tour………………  à mes amants. 

A mon sang qui me donne le bonheur d’écrire………………..  à mes enseignants. 

A mon sang qui pourtant me fait peur………………………...  à la vie. 

 

ET enfin à tous ceux qui à travers ces aventures s’identifieront, car issus d’un même troupeau, nous sommes faits d’analogies quelles soient biologiques ou purement extrapolantes.  

Celui qui ne se trouve pas se cherche encore : la Vie n’est pas une fin en soi. 

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Samedi 2 septembre 2006

 .......... J'ai trouvé !

Mot grec devenu proverbial. C'est l'exclamation d'Archimède découvrant tout d'un coup, au bain, la loi de la pesanteur spécifique des corps.

par Arielle publié dans : Le dicton de la semaine
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Vendredi 1 septembre 2006

L’école de bonnes sœurs ne me dérangeait pas outre mesure : c’était pour moi l’occasion d’une nouvelle aventure.
Il m’en est resté deux points très forts : la classe de catéchisme et le jeu « aux indiens » auquel une nonne plus intelligente que les autres avait bien voulu se prêter.
Les cours de catéchisme me plaisaient beaucoup. Ce n’était pas barbant comme à l’église : on faisait de beaux dessins et rien n’était à apprendre par cœur (apprendre par cœur est d’ailleurs un pléonasme en soi lorsqu’il s’agit d’une contrainte….que les enseignants veuillent bien se donner la peine d’y réfléchir !). A cette époque, Jésus est entré dans ma vie. C’est simple : pour m’amadouer, il faut pratiquer avec douceur et intelligence….c’est qu’elles savaient y faire les nonnes !
Je n’ai jamais pu admettre que la religion soit basée sur des interdits : on peut très bien être croyant et s’amuser. Où est l’incompatibilité ? on peut très bien être croyant et moderne, on peut très bien être croyant et attirant….mais attention, pas être tyran (ça me rappelle une chanson (Arsène Lupin peut être)).
Voilà donc la naissance d’une grande camaraderie avec la sœur pas comme les autres. Elle m’aimait bien pour ma fantaisie je pense. Cela la sortait un peu de cette vie austère et balisée. Nous avions la chance d’avoir quelques arbres dans la cour de ce lieu sain fermé par de lourdes portes en chêne massif..infranchissables. Il va de soi que les dits arbres étaient droits et alignés sans une ramure débordante…austères eux aussi comme en prière. Les jeux d’enfants étaient sous haute surveillance…des fois qu’on aurait osé quelques éclats de rire ! Et oui, les récréations se passaient en silence…le plaisir coincé…vous voyez ? ? comment ne pas être marqué à vie et marcher la tête basse lorsque l’on sort de cet enfer catholique et chaotique ? à mon avis, la Bible est mal interprétée : les paraboles sont déviées et l’entre-ligne non respecté. Je n’approuve pas les catholiques.
Ma copine de nonne et moi dérogions à la règle : nous faisions des arbres nos potes et discrètement jouions aux indiens, l’une attachant l’autre, à tour de rôle. Nous échappions à l’œil de Caïn (la caporale chef de nonnes de mes deux) et tendions vers la liberté. Je pense qu’elle avait autant envie de se sauver que moi : Notre évasion était imminente.
Par un bel après midi de printemps, me sentant plus gardien de vaches qu’indienne, je ficelais solidement ma copine autour de mon pote (l’arbre..vous me suivez ?). Je pris un malin plaisir à serrer, serrer, serrer….tant et si bien que j’ai cru percevoir le souffle haletant de la corde au bout de mes doigts. La routine foutait l’camp : mon adversaire était piégée…..j’adorais çà. Par bénédiction Divine ou autre ?, la cour était déserte. Nous étions seules dans notre Collorado… l’aubaine était trop bonne : je quittais la scène sans me retourner tel « Lucky Luke » sortant d’une histoire en « poor lonely cow boy » et rentrais chez moi tout simplement (j’étais externe), laissant ma proie aux vautours de nonnes de mes deux. Re-bénédiction Divine ou simple hasard ? Mme Carneiro n’est pas venue me chercher ce soir là. Je fuyais donc en toute quiétude.
Je n’ai plus jamais remis les pieds dans cette institution : sur un coup de fil nocturne de la caporale chef, je fus licenciée ex école catho.
Qu’à cela ne tienne….on me réintégra à Raspail !…sous condition d’une conduite exemplaire.
OK..j’avais compris le message et acceptais enfin de travailler….un peu. J’axais donc mes joies sur les pitreries de mon père. Tous les matins il nous conduisait -les cinq frangines – installées dans son side-car. Mes sœurs avaient honte de descendre devant les copines….moi : j’étais fière de mon papa. Je descendais du side-car tel un cow-boy, m’identifiant encore une fois à Lucky Luke. J’ai toujours été amoureuse des héros de bandes dessinées : plus tard je fantasmais sur Peter Pan !

Je réussis bravement mon entrée en classe de sixième au lycée Marcellin Berthelot à Saint Maur des fossés (faut dire que je n’ai jamais eu d’efforts à faire pour bien me classer….don , vivacité d’esprit ou simple organisation mentale ? je n’apprenais pas, je captais simplement quelques bribes lors des interminables cours et les collais au fond de ma mémoire. Je ne retenais que l’essentiel (les cours sont composés à 80% de paroles inutiles, à mon avis) et savais m’affirmer lors d’interrogatoires ou contrôles. Je pense que l’école est simple, que l’on nous la complique volontairement afin de mieux placer le maître à un niveau de supériorité qui fait la force de l’enseignement….je pense que l’école telle que l’on nous la fait vivre est une vaste plaisanterie….une perte de temps.
J’y ai cependant beaucoup aimé les fables.

...........6ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie.......................

par Arielle publié dans : Biographie "Passionnément"
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Jeudi 31 août 2006

J’y ai fait les pires bétises : du vol à l’impertinence en passant par la débauche d’une classe entière. Et pourtant j’étais toujours parmi les mieux notées et même appréciée ! Je rends aujourd’hui hommage à ces instituteurs/trices qui, bien que malmenés, restent fidèles à leurs élèves et leur témoignent malgré tout beaucoup d’affection. Sans rancune….là aussi j’ai bien rigolé !
Mon institutrice favorite parce que bonne à persécuter, s’appelait Mme Ourson. Comment se prendre au sérieux avec un nom pareil ? Elle : elle y arrivait.
Un jour, ne me supportant plus, elle a violemment balancé mon cartable à travers la classe : imaginez speedy gonzales se prenant pour un boomerang ! Tel un aéroplane, mon joyeux copain de cartable a dépassé le mur du son….acclamé dans un vacarme foudroyant de rires d’enfants diaboliques, laissant sur le flan Mme Ourson qui se rendit et jeta les armes. C’était l’éducation de l’éducatrice : dès cet instant elle mis au panier sa vieille règle en bois qui lui servait de fouet et toute la classe est devenue raisonnable. On ne badine pas avec les enfants !
Elle devint des plus charmantes et constitua un stock d’images qu’elle nous distribuait chaque jour, tant nous étions sages ! Voilà comment mâter les professeurs stupides : nos rires lui avaient démontré l’énormité de son geste et l’avaient rendue sociable, voire presqu’aimable (je veux dire digne d’être aimée) !
Raspail, c’était aussi les jeux stupides des filles dans la cour. Il n’y a rien de plus bête qu’un troupeau de filles dans une cour d’école. Comme j’avais un caractère plutot masculin et que Raspail était devenue mixte, je jouais avec les garçons. Les filles chuchotaient et blasphémaient sur mon passage. Cela me faisait assez rire et très vite je devins le chef d’une horde de gars…alors là, mes vieilles…les griffes sont sorties ! parce qu’une fille, non seulement c’est gnan-gnan mais en plus c’est jaloux. Une d’entr’elles cependant faisait preuve d’intelligence et de simplicité : elle devint ma copine. Son nom ? son allure ? j’ai oublié. Elle était différente et adhérait à mes jeux : c’est tout ce qui comptait pour entrer dans mon amitié. Si j’ai tout oublié d’elle c’est sûrement pour fuir ce que je lui ai fait endurer par la suite. Il y a là un vrai blocage : je sais seulement qu’elle marchait à fond dans mes délires : j’avais trouvé un nouveau jeu, un défi à moi même (je n’ai alors que sept ans) : j’allais dépouiller l’école Raspail de ses fournitures scolaires ! Belle vengeance en perspective ….oter les moyens d’enseigner à cette institution archaïque et gallo-romaine. J’élaborais un plan : tous les jours, à petite dose, j’emportais chez moi les cahiers, crayons, gommes et principalement les supports de cours. La stratégie était simple et le jeu dangereux : accéder aux armoires et les vider, doser intelligemment pour que le stock ne baisse pas à vue d’œil, changer d’armoire chaque jour. Et comme je ne pense pas qu’à chaque jour suffit sa peine, je prenais un peu plus de risques à chaque vidage ! Ahhhh la belle librairie que j’avais montée dans ma chambre ! j’étais riche…riche et fière : objectif atteind.
A la réflexion, nous étions trois sur le coup : la troisième s’appelait M.... J..... Elle habitait le même immeuble que nous. Elle était fine et haut perchée sur deux guiboles assez alléchantes qu’elle grandissait un peu plus en mettant des talons de grande Dame (au grand damne de ses parents). Elle portait des mini jupes et j’admirais son petit nez en trompette (le mien serait plutot du style grec). Autant nous avons été complices, autant nos « prises de gueule » faisaient trembler l’environnement.
Un beau matin donc, fut annoncé à l’école qu’un voleur rôdait….pour ne pas attiser les soupçons, nous décidâmes de continuer notre petit trafic. Notre règle d’or était une maxime chopée dans l’hebdomadaire « Picsou » à savoir que « le meilleur moyen de passer inaperçu est de se faire remarquer ». Nous avions de sérieuses références ! c’était très logique : si les vols s’arrêtaient brusquement, cela signifiait que le voleur était au courant de cette annonce..alors nous n’avions pas le choix : il fallait continuer…cela nous excitait tellement !
Les maximes de bandes dessinées ne s’appliquent pas à tous les cas et le corps enseignant n’est pas aussi dupe que nous le pensions : une fouille eût lieu dans ma chambre pendant que nous étions en classe. Pas besoin de chercher bien loin : mon étalage étincellait de fierté ! je vivais dans un petit paradis.
De l’Eden au commissariat en passant par l’horrible cage du directeur, il n’y avait qu’un pas ! première confrontation, mes deux compères sous le bras, avec cette mégère de directrice…une vraie enquête de police ! faut dire qu’elle s’y croyait la bougresse ! elle prenait certainement son pied derrière son large bureau aussi large que sa connerie et beaucoup moins étroit que son esprit.
Je m’en suis très bien sortie ! j’avais réussi à convaincre que M... et D... (ça y est, je me rappelle son prénom : l’écriture est un bon exercice pour la mémoire) m’avaient entraînée. Forcément elles étaient toutes deux provoquantes dans leurs vêtements alors que j’étais si douce et discrète ! l’habit ne fait pas le moine, c’est bien connu et pourtant les gens de savoir jugent sur l’apparence et çà : je l’avais compris depuis longtemps.
Il paraît que j’avais des dons de comédienne : mon air angélique de chien battu aurait eu raison du plus vil des délits ! « la pauvre petite ! il ne faut pas la laisser dans cet entourage ! ». Alors bien sûr, on écarta mes deux complices et on me recommanda auprès de l’école religieuse à deux pas de là, juste sur le trottoir d’en face.

...........5ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie.......................

par Arielle publié dans : Biographie "Passionnément"
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Mercredi 30 août 2006

De l'autre côté du pont sur la Marne: Maisons-Alfort. Cette ville de banlieue est connue pour son école nationale vétérinaire, qui s'étend tout au long de l'avenue Charles-de-Gaulle. A côté également de cette longue avenue, qui jouxte la voie ferrée Paris-Lyon, le fort de Charenton et ses logements pour Gardes républicains...

                                                                                                                                              

Vue sur le carrefour de la Résistance, à Maisons-Alfort. Depuis 1978, la route blanche s'appelle ici et jusqu'à Sens RN6. (Photo: Marc Verney, sept. 2005)

Papa a trouvé du travail en région parisienne : le grand débarquement a alors lieu. Il achète un appartement dans le val de marne. Promotion en vue…Paris : il y a de la joie dans l’air.
Novembre 1958 à peu près (je devais avoir quatre ou cinq ans), nous voilà donc propriétaires ! L’immeuble est encore en construction….chouette ! tous ces rouleaux de ferraille où grouillent les rats font mon bonheur. Je joue et rejoue. Je bondis et rebondis sur ce trempolin improvisé : à cet âge là on est inconscient !…heureux les simples d’esprit.
Je fais mes débuts dans la vie active à l’école Condorcet, en mat sup (maternelle supérieure). C’est faramineux comme l’aspect des écoles peut rester ancré dans nos mémoires : Condorcet c’était loin, rouge et blanc, austère avec une grosse horloge dominante pour bien nous rappeler chaque retard.
Mais heureusement j’avais tant de bétises à faire en rentrant à la maison ! l’école n’a jamais eu d’importance à mes yeux : j’avais le sentiment d’être sous estimée.
Seul fait marquant de Condorcet : le placard où j’étais systématiquement enfermée pour bavardages, renchéri du bonnet d’âne qu’on m’avait infligé et que je portais avec une certaine fierté dans le coin, au fin fond d’une salle toute blanche identique aux cellules pour alliénés. Cela me laissait plutot indifférente : je pensais que je ne perdais rien en étant éloignée du cours. Je pensais qu’on nous prenait pour des ânes et avais la certitude de mériter mieux que çà…alors le placard à balai me plaisait. J’y trouvais au moins une escapade au troupeau dans lequel on voulait me faire marcher : j’étais différente et on s’intéressait à moi.
La situation familiale semble s’améliorer : très vite, papa et maman ont engagé une femme de ménage chargée entr’autres de nous éduquer ! !….mission impossible.
Nous étions cinq filles de trois à treize ans, déjà largement imprégnées de marginalité et toute à chacune d’une très forte personnalité : bon courage mesdames les « bonnes » ! la première était folle : je ne me souviens pas de son nom mais de son allure…..çà oui ! ? les cheveux noirs, courts et habillée comme une chiffonnière. Elle passait sa tête par la fenêtre de la cuisine et criait je ne sais plus quoi qui nous faisait bien rire. On aurait dit un ver de terre qui s’agitait.
La seconde était merveilleuse : une italienne au cœur italien et à la patience d’un ange. Elle a passé toutes les épreuves avec dignité : elle nous aimait. Elle m’emmenait tous les matins à l’école Raspail, munie de mercurochrome et de pansements car je tombais sur mes genoux, au moins une fois à l’aller et une fois au retour. Refus d’aller à l’école ou malformation ? aujourd’hui je sais qu’il y avait un peu des deux. Mais à cette époque mes parents étaient persuadés que je jouais la comédie et j’en souffrais beaucoup. S’ils m’avaient fait passer une radio, ils auraient vu que j’avais un réel handicap aux genoux.

...........4ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie.......................

par Arielle publié dans : Biographie "Passionnément"
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Mardi 29 août 2006

Reprenons à cette jolie petite ville du loiret, puisque j’ai effacé la préface.
En fait mes souvenirs sont flous mais il me reste quelques faits marquants qui sentent bon : des fleurs, le loiret, les barques, la famille, le pont qu’il fallait traverser à pieds pour revenir de l’école (je ne parle pas d’y aller ni de ce qui s’y passait…cette phase m’est inconnue. Seul le retour m’incombait : toujours cette envie d’être coconnée, cette recherche de chaleur, de foyer).
Je me souviens d’un après midi où, penchées au milieu du pont, nous cherchions fraternellement une éventuelle trace du cartable que notre sœur V... avait jeté dans l’eau…comme çà, pour voir s’il flottait ! le fleuve coulait, magnifique et vert…le cartable aussi coulait. Nous étions toutes excitées et rigolotes, sauf Ch.... qui s’est toujours prise au sérieux. Elle a toujours été différente. Je ne l’ai jamais comprise. Je pense d’ailleurs qu’il est impossible de comprendre l’autre : il faut simplement le vivre. Ma sœur Ch....., je n’ai même pas su la vivre : elle est un gros point noir dans mon existence..une bavure..une erreur d’aiguillage. Aujourd’hui encore elle reste un mystère dans mes pensées.
En parlant de point noir, voici que la famille Lenoir remonte à la surface. Cette grosse bonne femme, souvent sur le pas de sa porte, juste face à la nôtre. La seule image que j’ai gardé d’elle est son énormité, son allure campagnarde et son chien. Elle ne me gênait pas : elle était là, c’est tout.
Nous habitions une petite maison toute en longueur. A l’avant : une cour ouverte sur la rue. Peut être un étage ? là encore une seule partie de la maison est restée bien ancrée dans ma tête : le pied de la table en bois massif rongé par le lapin en liberté et ce coq dont papa avait coupé la tête et qui courait encore dans la salle à manger…il était nerveux ce coq !…nous avions un poulailler dans la cuisine : je crois que nous les avons toutes mangées les poules avec leurs œufs.
Le lapin, je l’aimais bien. Il avait donné à nos meubles cet air penché qui ressemblait tant à notre vie..rien de droit : tout au nom de la liberté. Aucune structure et beaucoup d’instinct : il paraît que notre père avait une âme de bohème. Il a été beaucoup critiqué. Moi, je l’admirais. Son côté aventurier et casse cou, bien sûr, ce n’est pas le reflet de la sécurité que l’on peut donner à une famille…mais c’est bien plus amusant ! MERCI Papa, j’ai bien rigolé.
Apparemment nous n’avions pas les moyens. On m’a rapporté qu’à cette époque papa vendait de la tôle ondulée sur les marchés d’Orléans. Maman était professeur de français, latin, grec et philosophie. C’était une grosse tête ma mère ! issue d’une famille de bourgeois enracinés, elle avait eu beaucoup de problèmes lors de son mariage avec papa. Lui était pourtant issu d’une famille de notables à Castelnaudary dans l’aude mais ces propriétaires terriens étaient des ploucs aux yeux crottés de la bourgeoisie maternelle. Alors pauvre maman, aucune aide de ces richards ringards, aucun sentiment non plus. Mais elle l’aimait son fiancé et c’était là sa richesse. Les trésors de l’âme rapportent bien plus que tout l’or du monde. Après tout pourquoi vit on ? pour être heureux ou pour posséder ? à chacun sa philosophie..la mienne est faite.
Olivet c’était également ces barrières basses et fraichement peintes de blanc qui gardaient sévèrement les maisons de plein pied habitées par les américains restés en France suite à la seconde guerre mondiale. Je revois ces americains, vêtus différemment et si beaux mecs mais ne me souviens pas qu’il y ait eu une caserne. Elles étaient belles leurs maisons : accueillantes et sympathiques.
La meilleure copine de ma sœur V... s’appelait S... B.... Je me souviens de jeux extraordinaires : une voiture toute en sable, décorée de rouge et d’allure moderne dans laquelle je restais des heures entières sans même penser à rentrer à la maison. Pourtant il le fallait bien. Alors tous les soirs, la rue n’étant pas éclairée et la nuit noire de campagne nous envahissant, S... nous raccompagnait. Mais elle avait peur de rentrer seule, alors V.... la raccompagnait et ainsi de suite jusqu’à ce qu’un éclair de courage soit bénéfique à l’une ou à l’autre.
Ces quelques mètres sont tout un épisode de notre passage à Olivet.
Les week end se passaient sur les bords du loiret. Papa peignait en artiste les voiliers qui, endormis ou actifs, faisaient eux aussi leur chemin dans ce décor de verdure étincelante. Nous pique niquions : le suprême du suprême était le poulet au cresson que maman avait bichonné. A cette époque, manger du poulet était un luxe. En semaine c’était bouillons, pates, légumes et jamais de viande.
Papa faisait partie de ces gens naturellement doués. Il avait le don de la musique : sans jamais avoir appris, il retraduisait avec une exactitude surréaliste tout morceau entendu à la radio, que ce soit du classique, du jazz ou autre..et ceci sur n’importe quel instrument ! Pour la peinture, c’était pareil. Il a fait des chefs d’œuvre qu’il n’a jamais voulu vendre malgré les propositions qui s’offraient à lui et pourtant l’argent manquait. C’était un artiste pour le plaisir et toujours au nom de la liberté.

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