Bloqué, figé, Môsieur ne bougeait plus ! Silence radio http://www.grisy.net/article-21411493.html
Disparu, mourru, perdu ?
J’ai une sainte horreur de faire du surplace, alors j’ai provoqué la suite. Je
lui ai écrit une lettre que je comptais lui envoyer par lotus le lendemain matin au travail :
« Nous sommes Dimanche et tu gardes le silence. C’est bien normal puisque
je t’ai envoyé bouler. Alors j’espère que tu voudras bien lire ces quelques lignes jusqu’au bout car je n’ai pas fini ma phrase…évidemment ! Je t ‘ai raccroché au nez.
A la saint Isabelle, tu t’es fait la belle et c’est la fin de notre amour.
Quel gâchis !
Maintenant je n’ai plus rien à perdre alors je me
lance…j’ose te dévoiler exactement ce qu’il y a dans ma tête et dans mon cœur car je pense que l’on ne peut pas se quitter sans y voir clair.
Tu as le droit de me juger, de me trouver stupide ou
cul cul : je m’en fiche, je n’ai pas de fierté mais saches tout simplement que je mets tout à plat, sans tricherie, parce que c’était notre accord du début.
Notre seul et unique obstacle est
toujours le même : tu n’as aucune parole. Tu dis « je viens » et tu ne viens pas. Tu dis « je t’appelle » et tu n’appelles pas. Je ne peux jamais compter sur toi et à
chaque fois je me sens insultée par tant d’indifférence.
Nous en avons parlé et reparlé et j’avais été claire. Il y avait 3
solutions :
- je te quitte (je mettrais des années à m ‘en remettre mais au moins je n’attendrais
plus rien de toi)
- je te trompe (comme çà, tes imbécilités me
feront moins mal)
- tu fais un effort (cela ne peut que me rendre heureuse)
Nous avons décidé que tu ferais un effort et que j’essaierais d’être moins
sensible. Nous l’avons fait mais tes efforts n’ont pas duré longtemps et la seule récompense aux miens a été cette baffe magistrale que tu m’as
infligée ces 2 nuits des 22 et 23 février. Je ne peux décidément pas continuer de cette manière…je souffre trop.
Il ne reste donc que 2 solutions.
Je n’ai pas envie de te tromper car ce serait doubler ma galère et j’ai passé
l’âge de me prendre la tête pour les autres. Plus on vieillit et moins on ne supporte la souffrance. Tu ne peux pas comprendre cela : il faut avoir passé la quarantaine mais peut être que ta
mère saura te l’expliquer. Je t’ai dit et redit aussi que je n’avais plus de temps à perdre. Si mes 47 ans ne se voient pas trop, ils sont bien là et crois moi, certaines choses ne peuvent
définitivement plus passer.
Il reste donc 1 solution : je te quitte puisque tu n’es pas prêt à régler
ce problème.
Si tu as une meilleure idée : je t’écoute.
Lorsque nous nous sommes rencontrés, je n’avais pour intention que de passer de bons moments avec toi, sans me préoccuper du lendemain. Tu m’as rendue heureuse, très heureuse et lorsque tu m’as dit que tu étais retourné
avec ta femme, j’ai accepté la situation car j’avais l’habitude des hommes mariés et cela ne me faisait pas peur. Seulement voilà : c’était sans compter sur l’amour ! Ce genre de
situation ne peut pas se passer bien éternellement lorsque l’amour s’installe. Ca aussi, je te l’avais dit et redit : je t’aime comme jamais je n’ai aimé et je ne m’y attendais pas. J’ai
vraiment eu l’impression que tu étais l’homme de ma vie….celui dont on rêve….celui qu’on attend depuis toujours et j’étais comblée de bonheur.
J’ai essayé de gérer mes sentiments au mieux, sachant très bien que la maîtresse
est par définition celle qu’on a le droit de cocufier, celle à qui on demande tout sans complexe, la roue de secours qu’on sort en cas de besoin. Mais je ne voulais pas te perturber, je voulais
te voir heureux alors je ravalais mes états d’âme en silence. J’étais tout simplement heureuse près de toi et n’en demandais pas plus. J’ai hélas souvent craqué et n’ai pas toujours été agréable
avec toi. Je te demande pardon.
Tout aurait pu aller très bien et pouvait durer longtemps comme çà si tu ne
m’avais pas posé autant de lapins. Je ne demandais pas grand chose : seulement d’être correct avec moi mais là, tu y es allé un peu trop fort ! C’est la seule et unique raison à cette dégradation.
Je ne t’en veux pas.
Je comprends que tu as une famille et que tu veuilles sauver ton couple à tous
prix….moi, ce que je cherche, c’est le bonheur à tous prix et s’il faut te quitter pour cela………alea jacta est !
Tu me dis que c’est pour les enfants. Je ne suis pas tout à fait convaincue. Tu
aimes tes enfants, cela ne fait aucun doute mais je pense que tu aimes ta femme aussi, bien que tu me dises qu’il n’y a plus que de la compassion. Le divorce te fait peur pour l’argent et pour le
qu’en dira t’on par rapport à la belle famille. Tu sais bien que tu verras toujours tes enfants, les lois ont évolué et tes enfants t’aiment. La grande est maintenant en âge de comprendre à
condition d’être honnête avec elle. Et comme tous les mecs, tu n’oses pas faire ce pas de peur de retomber dans un échec et parce qu’il faudrait tout recommencer à zéro. Tu crois que les enfants
apprécient vos disputes ? Mais çà : ce n’est pas mon problème. Tu es assez grand pour décider de ta vie et je ne me donne aucun droit là
dessus. Raison de plus pour que je m’en aille, au moins tu ne me reprocheras pas de t’avoir influencé.
A quoi mène notre relation ? Je ne peux pas
faire de projets avec toi puisque tu as choisi de rester avec ta femme. Il est très difficile de vivre un amour lorsqu’on sait qu’il n’y aura pas d’évolution. Je ne peux pas continuer à vivre
sans espoir, à passer mes soirées, mes week end et mes vacances en ermite. Il n’y a rien de plus terrible que d’être seule avec quelqu’un ! Que de voir qu’il fait beau et d’être condamnée à
se faire plaisir en solitaire ! Que de se coucher dans un grand lit vide et glacial alors qu’on a un homme dans sa vie.
Si tu avais voulu de moi, j’aurais été d’accord pour
vivre avec toi malgré tes défauts dont j’ai bien conscience. L’expérience, l’âge sont deux atouts majeurs pour savoir faire les concessions
nécessaires et apporter la paix dans un ménage. Je suis prête à çà : je me suis pris assez de baffes pour connaître la valeur d’une vie à deux et ce qu’il faut faire pour avancer en toute
harmonie…..mais pour comprendre çà, il faut encore avoir passé la quarantaine. A vingt ans, on fait des concessions par amour et ça dure le temps d’une rose…à quarante ans, on en fait par qualité
de vie et on ne veut rien gâcher. J’étais prête à te suivre sans poser de questions, à t’épauler, à t’encourager dans tes projets. J’ai toujours vécu seule et respecte trop la liberté pour ne pas
gêner celle des autres. Un couple, c’est d’abord garder son identité et sa personnalité puis avancer ensemble dans la même direction. En fait, si je ne supporte pas les coups de fil que tu ne me
donnes pas et les rendez vous aux abonnés absents, c’est parce que je ne suis jamais sûre de te revoir le lendemain. Un coup de fil : ça rassure et ça évite bien des malentendus. Si je
savais que tu rentres à la maison tous les soirs (peu importe l’heure ni dans quel état, etc (çà : je m’en contre fiche, ce qui compte c’est que je te voie souvent), je ne m’inquièterais pas
et la vie serait belle. Alors que demande le peuple ? Il ne faut pas grand chose parfois pour être heureux.
Je pense t’avoir dit le principal. Je suis très
malheureuse d’avoir ce choix à faire mais j’assume. Il est quasiment inhumain de renoncer à l’homme qu’on aime. Je n’ai jamais rompu par amour ! Je vais avoir beaucoup de mal à me passer de
toutes ces bons moments que nous avons vécus ensemble.
- plus de casse croûte
- plus de leffe, plus de Mado, plus de mousse
- plus de Merlimont
- plus de resto, plus de St Valentin
- plus d’halloween, plus de danse, plus de délires
- plus de retour au boulot à l’heure où les autres rentrent chez eux
- plus de joies dans ma maison, plus de barbecue
- plus ton sourire que j’aime tant !
……mais plus de souffrance à attendre un mec qui n’a rien à me proposer.
Maintenant je vais construire ma vie car il est temps.
Sur quelles bases ? La joie de vivre et l’humour.
Mon but ?
- une maison à la mer avec un rocher
- un homme qui m’aime sans tricherie pour ce que je suis et non pas en tant que roue de
secours
- beaucoup de fêtes et beaucoup de voyages
- savoir mes enfants heureux et les aider du mieux que je peux
En bref : m’éclater avant qu’il ne soit trop tard.
Si le destin voulait un jour que tu reviennes vers moi et que tu sois libre….je
dirais oui sans hésiter car un amour comme le nôtre ne peut pas mourir et il suffira d’une étincelle pour qu’il dure toujours.
Mais là, je rêve encore ! !
Voilà : je n’ai pas triché………arielle «
J’arrivais donc au boulot et rien…toujours pas de nouvelles. Je voulais lui
envoyer ma lettre mais lotus était en panne. Tout semblait être fait pour que je ne la lui donne pas, alors je provoquais encore. Je me déplaçais pour porter quelques clefs et régler quelques
détails au patio et je repérais où Fr….. était garé. Je savais que souvent le midi, il allait manger avec ses enfants. En général, il partait vers 11h30 alors je me débrouillais pour être sur sa
route à cette heure là………mine de rien. Evidemment, ce jour là, il semblait ne pas partir ou bien partir plus tard. Je me dis que tout concourait à nouveau pour que je ne lui donne pas cette
lettre et pourtant j’étais convaincue qu’elle était très importante pour l’avenir. Je m’en remis donc à la destinée, flânais encore un peu et décidais de retourner à ma place. Mon portable
sonna…c’était lui ! Il était juste en face de moi et je ne l’avais pas vu. Il voyait que j’allais mal et je voyais qu’il avait lui aussi une sale tronche. Il me proposa que l’on se voie le
soir. Je répondis « oui, il faut que l’on discute ». Nous convînmes d’un horaire. Juste avant de partir, je lui remis la lettre : « Si ça peut t’aider à réfléchir, je t’ai
écrit ». Il fut stupéfait de constater qu’il y en avait deux pages. Je crois qu’il n’avait pas conscience de l’ampleur du dégât. Je m’en allais après que nous ayions échangé un regard
baignant de tristesse. 17h : il m’appelle « j’ai une urgence : une canalisation qui a pété et je pense que le temps de réparer tu seras déjà partie. On se verra demain matin si tu
veux » « attends…on ne va pas régler nos problèmes à la machine à café, devant tout le monde ! C’est ça que tu veux ? ». Je constatais à nouveau qu’il ne prenait pas la
situation au plus sérieux mais je voyais bien qu’il était peiné. « Bon, je t’appelle demain matin » « ok ».
Je ne savais donc toujours pas quelle allait être sa réaction. Je crois qu’il se
disait que, comme à chaque fois, j’allais pardonner. J’en crêvais d’envie de pardonner et de repartir joyeuse mais si je faisais cela, il recommencerait et nous n’avancerions jamais dans notre
histoire. Il fallait que je tienne bon, qu’il comprenne que notre histoire c’était du béton, qu’il soit sûr de tenir à moi. Et s’il acceptait la rupture, alors tant pis ! Dans ce cas, je
n’aurais rien perdu d’autre qu’une aventure sans lendemain et cela me servirait de leçon pour ne plus me faire piéger au jeu de l’amour. J’espérais qu’il tenait suffisamment à moi pour ne pas
vouloir que je le quitte. J’allais savoir çà le lendemain.
Aujourd’hui c’était le lendemain encore une fois et je souffrais le martyr. Je
n’avais pas vu Fr….., il avait trop de travail. Je le soupçonnais de faire exprès pour me dominer ou bien de fuir notre entrevue car il souffrait lui aussi beaucoup trop. Il me rappela à nouveau
pour remettre cela au lendemain. Je n’en pouvais plus ! il fallait que je le voie, que je sache ce qu’il pensait. Comme il reportait encore le rendez vous, je lui demandais s’il ne voulait
pas que l’on parle de notre problème « si, si, bien sûr que si, on va en parler. Ne t’inquiètes pas, je te comprends ». Ces mots me firent très peur. En une seconde je compris que tout
était fichu, que s’il me comprenait, il était prêt à accepter la séparation pour que je ne souffre pas. Et j’ai fondu en larmes ! Je ne voulais pas le quitter, je voulais simplement qu’il
s’occupe mieux de moi et désormais, j’avais le sentiment d’avoir fait une belle bêtise. Le quitter me paraissait invraisemblable ! Je souffrais mille fois plus que pour ces lapins qu’il me
posait. Je ne concevais pas l’avenir sans lui.
J’angoissais et j’étais torturée au plus profond de mes entrailles.
Je n’étais plus sûre du tout qu’il accepterait de me reprendre et s’il
acceptait, il continuerait à me poser des lapins ! Que faire ? Comment réagir ? Je ne me sentais pas assez forte pour le quitter et pourtant c’était bien moi qui l’avais
décidé ! Et si maintenant c’était lui qui ne veuille plus de moi ? Je l’aurais bien mérité à vouloir le dompter mais quand même, je ne pouvais pas laisser passer ce qu’il m’avait
fait ! J’étais prise dans un tourbillon machiavélique. C’était un vrai cauchemar.
......236ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie..............